VIE ALIMENTAIRE AU BURUNDI
Il est appelé par la plupart des gens le cur de
l'Afrique et par d'autres le pays de milles collines. Du Nord
au Sud en passant par le Centre, de l'Ouest à l'Est en
passant toujours par le Centre, on est en mesure de contempler
de nombreux facteurs caractérisant le Burundi au niveau
multidimensionnel.
Pour l'instant prenons le soin de nous borner sur le facteur de
la consommation des vivres au sein des familles tant citadines,
périphériques de la capitale que rurales. D'ores
et déjà, faut-il se rappeler que la majorité
des familles burundaises vivent de l'agriculture. Ainsi avec ce
constat, une personne ayant l'intention de savoir, d'être
informée sur la vie des burundais peut avoir des données
fiables sur la qualité de la nourriture du ressortissant
du pays qu'est le Burundi, sur la façon dont la consommation
s'opère et cela sans problèmes. La production des
cultures vivrières, maraîchères, industrielles
au Burundi n'est pas tout à fait identique pour toutes
les régions. Au Nord, c'est la forte concentration de la
production caféière avec les plantations établies
sur les collines des provinces composant cette région.
Au Sud, la prédominance des cultures céréalières
(sorgho, soja, maïs), mêlée à la vie
pastorale est évidente. A l'Ouest, c'est pour la plupart
une production variée avec des paysans très actif
dans l'aménagement des rizicultures dans la plaine de l'Imbo
et la culture du coton, des tubercules (manioc, ignames, colocases,
pommes de terre, patates douces) des bananes et des cultures vivrières
(haricots) dans les montagnes surplombant la ville de Bujumbura
ainsi que la culture du petits pois, du thé et des cultures
maraîchères dans la partie réputée
d'être la plus froide se trouvant dans le Centre Ouest du
pays. A l'Est, le constat est le même que pour l'Ouest et
cette fois-ci avec une particularité de la culture rizicole
dans les dépressions se trouvant dans cette région
et la culture des arachides. Au Centre, c'est la production très
remarquable des cultures vivrières. Et des tubercules.
Revenons à la précision que le café, le thé
et le coton sont des produits qui ne sont pas consommés
directement par la population qui les cultive parce qu'ils sont
achetés par les entreprises appropriés au traitement
pour être vendu à l'extérieur à l'exception
du thé qui est très souvent acheté par la
population locale bien sûr après traitement toujours.
Ainsi avec cette diversité observée dans le pays,
la consommation des produits est corollaire à la production
de chaque région. S'il faut entrer en profondeur de la
vie nourricière du peuple burundais on est aussi persuadé
qu'il y a des diversités liées à la vie de
tout un chacun dans la vie du pays. C'est-à-dire que certains
se considèrent comme des personnalités très
importantes tandis que d'autres aiment bien rester dans leur rang
social. Voilà un autre élément non négligeable
qui entre aussi en jeu dans l'explication de la vie dans les familles
burundaises. Ainsi avec ça, un paysan restera toujours
dans l'idée de vivre sans complexe et surtout avec des
moyens à sa disposition. Un paysan de Nord se réveille
le matin pour aller vaquer à ses activités champêtres
en mettant un peu de nourriture dans ses bagages afin de les consommer
après quelques heures de travail et cela est très
catégorique dans des centres ruraux du pays et des gens
des centres urbains du fin fond du pays vivent avec des habitudes
tendant vers les habitudes citadines. Tous ces gens cités
ci-haut consomment des repas liés à la production
se trouvant dans leurs régions respectives sauf que dans
la mesure du possible, ils essaient de faire quelques variétés.
A titre exemplatif, les paysans du Centre et de l'Est consomment
au quotidien du haricot avec du manioc, du haricot avec des colocases,
du haricot avec des ignames, du haricot avec des patates douces
tandis que celui du Nord consomment les mêmes menus en consommant
plus le haricot et les pommes de terre qui sont très prépondérantes
dans les provinces du Nord. Et en général toute
cette population fait des efforts pour trouver de l'huile de palme
qui n'est pas produit dans toutes les régions. Toutefois,
si l'huile en question n'est pas disponible la préparation
des aliments reste inchangée mais pour le peuple de l'Est
qui produit très souvent des arachides mettra la poudre
de ces mêmes arachides à la place de l'huile. Ce
qui n'est pas le cas pour les gens de la ville ou d'autres petits
centres urbains du pays qui s'arrangent à tout prix afin
de trouver des ingrédients soit pour changer la couleur
de leur nourriture ou encore plus de doubler le goût de
cette dernière. Et en conséquence, il serait mieux
de signaler que la population se trouvant le long du lac Tanganyika
vers le Sud du pays et dans les montagnes surplombant la ville
de Bujumbura est très actif dans la pêcherie artisanale
et cela entre en jeu dans leur alimentation du fait qu'ils font
accompagner le poisson de la pâte de manioc et cela se fait
remarquer trop pour la quasi-totalité des habitants des
quartiers périphériques de la ville de Bujumbura.
Toujours au titre des habitudes, il se fait que dans presque tous
les coins du pays les parents et leurs enfants ne partagent pas
la même nourriture et encore moins pas au même heures,
cela non pas au niveau du menu mais surtout parce que même
dans l'ancienne culture du Burundi il n'était pas permis
que les enfants et les adultes mangent ensemble. On trouvera des
grands-parents ou des pères de familles qui, en attendant
que la nourriture soit prête se mettent à passer
des moments à raconter des fables, des contes à
leurs petits enfants ou à leurs enfants mais dès
que cette nourriture est prête, les uns et les autres vont
de leur côté. Cette particularité entre parents
et progénitures s'est observée depuis très
longtemps et elle continue à se faire remarquer jusqu'alors
dans de nombreux coins du pays. On ne parlerait pas de la population
burundaise en oubliant de relever ce qui se passe à Bujumbura
qui est la capitale du Burundi et qui se trouve à l'Ouest
du pays. Si on essaie de voir, cette ville est habitée
par des gens de nombreuses catégories du moins si on veut
partir de l'idée des occupations professionnelles de tout
un chacun dans sa vie quotidienne. Ainsi donc le Centre est pour
la plupart habité par des gens travaillant dans des entreprises
étatiques ou para-étatiques et d'autres vivent des
activités libérales. Une partie du Nord, du Nord-Est
et une partie du Sud sont peuplées des gens qui eux-aussi
sont comme les gens du Centre. Ceux gens cités vivent un
peu aisément en essayant de compléter leur alimentation
par des protéines, des glucides et des lipides ou tout
simplement en d'autres termes en consommant de la nourriture un
peu diversifiée. De ce fait ils veulent mener une vie un
tout petit peu luxueuse et différente de celle de l'intérieur
du pays et des périphéries de la ville. Ceci dit
qu'ils consomment le haricot accompagné soit du riz et
cela très souvent, ou encore plus accompagné de
la banane, des légumes (amarantes, choux) avec de la sauce
faite soit du poisson ou de la viande. Mais faut-il à toutes
fins utiles signaler que les gens des périphéries
vivent pour la plupart de l'agriculture comme le font ceux des
milieux ruraux de l'intérieur du pays et une partie petite
partie vit du petit commerce ou d'autres travaux manuels. Cela
sous-entend que ceux-là doivent avoir une vie très
simple à tous les niveaux et plus particulièrement
à celui de l'alimentation comme c'est indiqué ci-haut
: le haricot accompagné de la pâte de manioc, le
haricot accompagné des tubercules et très souvent
de la pâte de manioc avec du poisson. Ils ne manquent pas
de manger à certains moments une ou deux fois par jour
mais si les moyens le permettent, ils le font eux-aussi trois
fois et cette fois-ci avec une nette différence que cette
population manifeste en n'hésitant pas de partager la nourriture
au mêmes heures et ensemble avec leur progéniture.
En bref, on doit synthétiser en disant que la vie au niveau
nutritionnel n'est pas toujours aisée et qu'elle ne se
pratique pas de la même façon pour l'ensemble de
la population du Burundi.
Guillaume Harushimana